Stop au gaspi : retour d’expérience (enseignante)

Depuis des années, je suis frappée de voir les élèves jeter de la nourriture parfois à peine entamée.

L’automne dernier, dans le cadre de l’accompagnement personnalisé, j’ai donc proposé à un groupe d’une vingtaine d’élèves de seconde d’essayer de faire bouger les choses.

Ils ont commencé par faire un état des lieux : sondages auprès des élèves et des personnels du lycée, questionnaire auprès de la gestionnaire et du personnel de cuisine et une semaine de pesée des aliments jetés en cuisine et au retour des plateaux.

Les élèves ont été choqués du résultat : nous avions une moyenne de 72.63 kg de nourriture jetée par jour (5 kg pour le mercredi). En extrapolant ces valeurs, cela nous donnait 8.86 tonnes de nourriture jetée sur l’année scolaire.

Lorsque nous avons voulu évaluer le coût que cela représentait, les élèves étaient scandalisés. En effet, en arrondissant à 500 g le poids d’un repas et pour un coût de 2.80 € le repas pour les élèves, cela représentait 17 731 repas, soit 49 647 € sur l’année.

Dans un second temps, au printemps, j’ai proposé aux élèves de mettre en place une action pour tenter de réduire ce gaspillage alimentaire.

Sils ont décidé de produire des affiches pour sensibiliser leurs camarades. Afin de marquer davantage les esprits, ils ont eu l’idée de créer des sets de tables avec des slogans, des informations et des jeux (mots croisés sur le thème du gaspillage alimentaire au lycée et en général).

Le 12 mai, jour de notre action, les affiches ont été collées sur les murs de la file d’attente et à l’intérieur du self. De plus, les élèves se sont relayés pour distribuer un set de table sur le plateau de chaque convive. Les personnels de cuisine portaient également des écussons brodés avec un logo « Stop au gaspi au lycée Cornat » ainsi que des slogans tels que « T’as pas faim ? Demande moins ! », « T’aimes pas ? Prends pas ! » ou « Un petit plus, un petit moins, je sais doser ».

La semaine suivante, les élèves ont de nouveau fait des pesées des aliments jetés en cuisine et au retour des plateaux.

Nous avons été surpris du résultat. En effet, la quantité de nourriture jetée par jour était de 40.75 kg en moyenne (ce qui représente 5.04 tonnes par an, ou 10 080 repas et 28 224 € gaspillés).

Nous étions très fiers de l’efficacité de cette action, même si nous sommes conscients que les valeurs sont encore trop élevées et qu’elles sont peut-être faussées par le fait que les menus proposés ont un grand impact sur la quantité de nourriture jetée.

Cependant, même s’il semble présomptueux de penser que nous avons réussi à diviser le gaspillage alimentaire par deux grâce à cette action, nous pouvons raisonnablement dire qu’elles ont eu un impact positif. En espérant que l’effet dure dans le temps.

 

 

For some years, I have been stricken by the amount of food that goes to the bin, barely touched. So this autumn, I proposed a group of 16 years old students to try and change things.

They carried a survey and then, they gathered and weighed all the wasted food at the self-restaurant during a whole week.

My students were amazed by the result: an average of 72.63 kg per day (5 kg on Wednesday). If we bring these results to the year, it implies 8.86 tons of food thrown away each year (which represents 17 731 meals and a cost of 49 647 €).

In spring, we worked on an event in order to inform all the students and adults of the school, and make them aware of the food waste.

On Friday 12th May, we hung up posters on the cafeteria’s walls. The kitchen staff was wearing stockers with slogans such as ‘You don’t like it ? Don’t take it ! », « Not hungry ? Ask for less » written on them.

On each tray, my students also put a placemat on which we could find information, slogans, and cross-words.

The week after, we gathered and weighed all the wasted food once again. And we were very pleased by the result: an average of 40.75 kg of food thrown away each day (representing 5.04 tons a year, 10 080 meals or 28 224 €).

We were very proud of these results even if we are fully aware that they are still too high, and that they may be biased by the menus (which have a big impact on the amount of wasted food).

Nonetheless, even if it seems presumptuous to believe that we managed to reduce food wasting by a half, we can at least say that our work had a positive impact. And we hope that it will last

 

Merci à Lucie Couedel (enseignante en SVT au Lycée Henri Cornat de Valognes) pour ce témoignage !

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